Cyborg

CyborgCe champion d’arts martiaux belge, qui fait carrière aux États-Unis, a un petit côté jeunot très Tintin. Mais Jean-Claude Van Damme possède une carrure impressionnante et une force de séduction qui pourrait faire de lui un sérieux concurrent de Stallone, Norris, Lundgren et Schwarzenegger. Si les scénarios de ses films sont souvent indigents, les scènes de combat (réglées par Van Damme lui-même) sont toujours remarquables et impressionnantes. Et «Cyborge» n’échappe pas à la règle. New York, après la guerre atomique, est en pleine crise d’énergie et décimée par un mystérieux virus, et soumise aux hordes de pillards et autres truands cannibales qui veulent dominer la planète. On crée donc un Cyborg, machine humaine chargée de faire la loi et de trouver l’antidote au virus. J.-C. (pas Jésus-Christ, Jean-Claude !) Van Damme, lui, joue un solitaire fermement décidé à venger sa famille et chargé d’aider à sauver la civilisation en conduisant une jeune scientifique (à la poitrine pointée vers l’avenir 1) jusqu’à un groupe de savant en pleine recherche. On sentira, dans cette œuvrette, l’influence sous-jacente de «Mad Max» et «Robocop». Mais le spectacle Van Damme vaut le détour.

Qui a tué Laura Palmer?

Un nouveau film de David Lynch ? Damned ! On nous avait caché ça… Et pourtant, ce n’est pas une blague. Au début, on se dit que c’est probablement un téléfilm, tourné par Lynch entre deux travaux de prestige. Mais non, c’est un film à part entière, en tout cas on ne voit pas la différence. Et très vite on plonge dans l’atmosphère trouble, décalée, inquiétante de David Lynch. Le prétexte le corps d’une jeune fille, découvert sur une plage à TwinPeaks (la localité de l’État de Washington qui donne au film son titre original). Le shérif est bien embêté. Heureusement, voici un agent fédéral (Kyle MacLachlan, l’acteur-fétiche de Lynch, dans un rôle très proche de celui qu’il tient dans «Hidden»), un type bizarre, qui enregistre les indices importants comme les banalités quotidiennes sur un dictaphone qu’il appelle Diane. Il prend tout en main, laissant entendre aux flics locaux qu’il s’agit d’une affaire d’envergure qui les dépasse. Et l’enquête avance en circonvolutions déroutantes, à la faveur d’une incroyable quantité de fausses pistes. David Lynch semble prendre un malin plaisir à nous présenter des personnages, à introduire de mini-intrigues qu’il laisse froidement tomber, passant de l’un à l’autre au mépris de la logique policière comme du récit traditionnel. Il truffe son film de silhouettes qui apparaissent et disparaissent sans raison, nous allèche avec un psychiatre ricanant, une histoire sentimentale, la double vie des lycéens, et ce sont autant d’aperçus sur la face cachée d’une ville de province — tandis que l’enquête-prétexte s’achemine vers une conclusion assez biscornue, mais, en réalité, sans grande importance. Comme toujours, c’est une ambiance pathologique que le cinéaste réussit à créer, avec l’aide d’une musique insensiblement envoûtante. Un faux policier qui a sa place dans l’œuvre unique et originale de David Lynch.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>