La guerre des mines

Les campagnes de déminage progressent, mais, dans de nombreux pays, la menace persiste au quotidien.

Kabir est un jeune berger afghan. Et, comme des milliers de ses compatriotes, il a été mutilé par une mine antipersonnel. Alors qu’il ramenait son troupeau, il a marché sur l’une de ces armes destinées non à tuer mais à blesser. Sa Jambe droite fut arrachée par l’explosion et sa colonne vertébrale sérieusement touchée.

« La vie va désormais être très difficile pour lui », témoigne le docteur Alberto Cairo, qui s’est occupé de Kabir dans un centre de rééducation de Kaboul. Un centre financé par le Comité international de la Croix- Rouge. « Un tel accident fait peser un fardeau considérable sur la famille, précise-t-il, et Kabir a quatre enfants à charge. »

Les organismes de surveillance estiment qu’entre 150 et 300 Afghans sont tués ou mutilés chaque mois par des explosifs, qu’il s’agisse de mines antipersonnel ou antichars, ou encore de munitions non explosées, comme des grenades ou des obus d’artillerie. Environ 20 % des victimes soignées dans les hôpitaux afghans sont des enfants, comme ce petit garçon (ci-dessous, à droite) qui a ramassé une mine et perdu sa main. Utilisées dans des dizaines de conflits depuis leur mise en circulation massive pendant la Seconde Guerre mondiale, les mines antipersonnel continuent leur entreprise de terreur. Ainsi, celles qui ont été disséminées en Égypte pendant la Seconde Guerre mondiale mutilent toujours les Bédouins un demi-siècle plus tard. En 2001, les explosifs ont tué ou mutilé entre 15 000 et 20 000 personnes dans 70 pays du globe et sur tous les continents. La plupart étaient des habitants des campagnes, comme Zarko Peric en Bosnie-Herzégovine, qui marche désormais avec une prothèse et aide tant bien que mal son frère à labourer la parcelle familiale.

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