Les scandales de la France interdite

Vous avez failli ne jamais la connaître, cette France interdite au commun des mortels. Frappée par la censure, ixée, désixée, coupée de deux ou trois minutes, elle sort enfin sur les grands écrans à partir du 11 avril. En attendant la cassette vidéo qui elle ne sera pas censurée, Vidéo 7 vous présente en avant-première les photos de ce film qui dérange beaucoup, et dont on n’a pas fini d’entendre parler. Au départ, un simple reportage: un tour de France insolite sur une idée de Jean-Pierre Imbrohoris et Jean-Pierre Garnier. Et puis très vite, en cours de tournage, la surenchère des interdits : après des mois de contacts, de conversations et de persuasion, les auteurs du film obtiennent les exclusivités qui ne manquent pas de sel c’est le moins qu’on puisse dire : un éleveur d’aigles dressés pour tuer ouvre les portes de sa retraite secrète. Un collectionneur de voitures anciennes, qui n’a jamais accepté la présence de cinéastes, donne son accord pour que sa collection unique au monde soit enfin filmée. Un producteur de cassettes X accepte qu’une « séance d’auditions » de jeunes « comédiennes » soit entièrement filmée. Le plus célèbre club lesbien de Paris, le Katmandou, laisse entrer la caméra et l’équipe du film. Un autre club, homosexuel celui-là, réservé aux hommes et aux pratiques « S.M. » les plus dures, organise une soirée où pour la première fois des images sans trucage pourront être prises. Pendant des mois, le tournage se poursuit. Quelques jours avant la grande rafle de police qui allait pendant quelques mois dépeupler le bois de Boulogne nocturne, deux travestis acceptent d’être filmés sur le lieu de leur travail. Au Mont Saint-Michel, les auteurs du film rencontrent enfin la sublime écuyère qui a l’habitude de galoper nue sur la baie. Dans le Sud-ouest un guérisseur de 82 ans acceptera enfin de livrer ses secrets. Une maison que l’on prétend hantée et dans laquelle personne ne s’est aventuré depuis plus de trente ans sera rouverte pour les besoins du film. Pendant des mois, des kilomètres de pellicule seront tournés dans des lieux quelquefois insolites : le cimetière du Père Lachaise par exemple, où toutes les promeneuses ne sont pas éplorées, à Saint-Tropez où les derniers milliardaires organisent de fort « joyeuses » fêtes, sur le ring où de très jeunes filles pratiquent la boxe thaïlandaise. Et puis, pour terminer ce tour de France sans précédent, la fameuse séquence qui allait déclencher les foudres de la censure : un club très privé consacré au sadomasochisme où une jeune femme accepte la pose d’un anneau sur son sexe et d’aiguilles sur ses seins. Les quelques secondes qui manquent à la fin du film n’enlèvent rien au réalisme des séquences dont quelques unes ne manqueront pas de scandaliser un certain public. En fait de scandale, répondent les auteurs, le plus grand est encore d’admettre qu’on puisse interdire des images à un public adulte, prévenu, qui se rend librement dans un cinéma en toute connaissance de cause alors que les pires atrocités sont montrées chaque soir à la télévision, devant des enfants qui seront plus traumatisés par la vue de cadavres, de meurtres, d’accidents de la route, qu’un spectateur de plus de 18 ans devant une scène d’initiation pratiquée par un mari sur sa propre femme ! « La France interdite »: 90 minutes de sensations fortes pour public averti.

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