Lhermitte Errant

Vous revoilà aujourd’hui sous les feux de l’actualité après une croisière autour du monde effectuée en 1987 et 1988 avec votre femme et votre fils. Cette escapade, c’était une façon de couper les ponts avec votre métier ou juste une parenthèse?

Une parenthèse prévue et planifiée longtemps à l’avance. Cela, malgré certains avis défavorables au sein de mon entourage professionnel où on s’inquiétait que je puisse tout arrêter pendant plus d’un an. On me disait que c’était dangereux de partir et de tout plaquer, mais ça m’était égal. Aujourd’hui et avec le recul, je regrette tellement peu cette expérience que j’ai envie de remettre ça et de repartir pour une plus longue période. Trois ou quatre ans peut-être, mais pas dans l’immédiat.

Revenir à Paris et reprendre votre métier, c’est du masochisme, de l’inconscience ou un besoin d’argent?

Des obligations financières, mon capitaine. Je n’ai pas les moyens de m’offrir un tel luxe à perpétuité. Ce n’est pourtant pas l’envie qui me manque…

Peu de temps après, vous tourniez la pub télé pour Vichy/Saint-Yorre. Récréation ou façon de mettre du beurre dans vos épinards?

J’ai débarqué à Paris entre deux escales de mon périple, nous avons tourné pendant quatre jours et le tout était très bien payé. J’aurais été idiot de refuser.

Robinson Lhermitte remet donc pied-à-terre en 1988 et se rue sur Jane Birkin dans la pièce de Josiane Balasko, «L’ex-femme de ma vie». Nous faites-vous, à votre tour, le coup du comédien brûlé par la passion des planches ?

Je vous signale qu’à mes débuts, à l’époque du Splendid, nous faisions du théâtre tous les jours pendant sept ans de suite en construisant la salle le matin, en écrivant l’après-midi et en tournant le reste du temps. Aujourd’hui que le théâtre nous appartient, nous sommes donc relativement libres d’agir selon nos envies. Personnellement, je ne me sens pas en manque sur ce plan. Je suis d’accord pour jouer cent représentations d’une pièce, au-delà je m’ennuie.

«Ripoux contre ripoux», le nouveau Zidi dont vous partagez la vedette avec Philippe Noiret est : une suite au film de 1984, la reprise d’une recette qui a fait ses preuves, un retour aux sources pour Zidi après le demi-succès de « Deux»?

Ce n’est pas une suite car l’histoire ne démarre pas au moment où s’achevait «Les ripoux», mais cinq ans plus tard. Zidi a gardé les mêmes personnages, à savoir René et François, alias Noiret et moi. René a mûri, ses collègues en ont marre de lui et le traitent de vieux, tandis que François est freiné dans ses élans et sa carrière par ses supérieurs hiérarchiques. Les deux flics ont d’abord des velléités d’honnêteté, mais ils ne tardent pas à déchanter quand ils tombent sur des collègues encore plus ripoux qu’eux, incarnés par Guy Marchand et Jean-Pierre Castaldi.

Contrairement à la règle en vigueur aux States, le cinéma français répugne à utiliser plus d’une fois les mêmes personnages d’un film…

Oui et je ne me l’explique pas. Pour ce qui est des «Ripoux», il n’était pas question d’y donner suite, même après l’énorme succès du film en 1984. Pourtant, les propositions n’ont pas manqué et plusieurs producteurs harcelaient Zidi à ce sujet. À un moment donné, il était question d’en faire une série télé. Les scénaristes ont donc planché sur plusieurs histoires et l’un de leurs scripts était tellement bon qu’on a préféré s’orienter vers le cinéma.

Thierry Ripoux à peine sorti de sa boîte, voilà qu’on annonce Thierry le gay et Thierry d’Arabie sur tous les écrans au printemps prochain. 1990 est votre année carnaval ou quoi ?

C’est cela, oui…(rires). Plus sérieusement, ce n’est pas ma faute si les trois films que j’ai tournés l’an dernier sortent tous en même temps. Dans «La fête des pères» de Joy Fleury, je vis en concubinage avec Alain Souchon et nous sommes prêts à tout pour avoir un enfant. Enfin…euh…pour en adopter un. Quant à «Schéhérazade» de Philippe de Broca, c’est une comédie librement inspirée des contes des Mille et une nuits, tournée au Maroc entre mai et juillet 89. Un tournage tellement agréable que je ne rêve que d’une seule chose : rempiler avec de Broca. Et repartir en vacances.

Lhermitte Express

Les valseuses

de Bertrand Blier (la Gué ville).

Une très brève apparition. Tous les jeunes acteurs de l’époque ont été auditionnés pour les deux rôles principaux.

Les bronzes/les bronzes font du ski

de Patrice Leconte (8CV).

Deux beaux souvenirs de vacances. Le succès inattendu du premier film de la série, un lancement en flèche pour tous les acteurs qui y ont participé.

La banquière

de Francis Girod (GCR).

La rencontre avec Romy Schneider, fascinante et impressionnante.

Le père Noël est une ordure

de Jean-Marie Poiré (RCV).

Un fou rire permanent du premier jusqu’au dernier jour de tournage.

Légitime violence

de Serge leroy (Proserpine).

Ma première composition dramatique. Des rapports très agréables avec Leray et mes partenaires, Véronique Genesi et Claude Brasseur. L’insistance de Leroy à me confier des rôles volontiers plus physiques et tendus, puisque, après ce film, il m’a dirigé dans «L’indic», un polar musclé.

Les ripouxv

de Claude Zicli (Proserpine Premier film avec Claude Zidi.

L’honneur total.

Les rois du gag

de Claude Zidi (Proserpine).

Retrouvailles sans problèmes avec le même Zidi, même si le résultat n’a pas été à la hauteur de nos espoirs.

Le mariage du siècle

de Philippe Galland (René Chareau)

Une grande déception.

Dernier été à Tanger

d’Alexandre Arcady (RCV).

Le film est un peu long, mais j’étais très content de tenir le rôle, bien écrit et bien construit.

FucKing Fernand

de Gérard Mordfflat (Proserpine).

La rigolade avec Jean Yanne. La faiblesse du film est liée à celle du scénario.

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