Sans espoir de retour

Génie fulgurant, parfois handicapé par une énorme naïveté, pur Américain en un mot,Samuel Fuller Samuel Fuller a signé quelques superbes thrillers dans les années 60, sans parler de ses westerns et films de guerre… Depuis, il s’est raréfié, mais le vieux lion rugit encore : la preuve, ce film noir (en couleur) d’après un roman de David Goodis, qu’il est allé tourner au Portugal avec la collaboration active de Jacques Bral («Extérieur nuit»). Le scénario est d’une simplicité mélodramatique : une rock-star, Michael (Keith Carradine), s’éprend de la mystérieuse Célia (Valentina Vargas), dont l’ami-protecteur est un cruel gangster. Pour se venger, celui-ci enlève Michael, lui coupe les cordes vocales. Le chanteur sans voix, déchu, se clochardise jusqu’au jour de la vengeance. On pourrait trouver ça simplet, ce serait compter sans l’inspiration baroque du vieux Sam : il a filmé frénétiquement ce mélo qui n’a pas peur de dire son nom, le courant passe, c’est de la haute tension ! Dans le décor bleu nuit d’un port en folie, plein de bruit et de violence, c’est une tragédie qui se joue. «Le cinéma, dit Fuller, c’est l’émotion». Il a bien raison et il le prouve.

Meurtres rituels

Meurtres rituelsVoici la première de trois cassettes de téléfilms américains (complètement inédits) ayant pour héros le professeur Gideon Oliver, anthropologue de renommée internationale, menant des enquêtes plus dangereuses les unes que les autres. La réalisation est nerveuse et le suspense savamment ménagé, malgré les quelques scènes bavardes habituelles aux téléfilms. Ici, le professeur Gideon Oliver enquête sur le meurtre d’une amie journaliste et s’aperçoit que cet assassinat rejoint une quarantaine d’autres exécutions directement liées à un culte diabolique. Oliver va donc plonger dans le monde fanatique des sectes et des suppôts de Satan, un univers où la folie est plus dangereuse que les pouvoirs magiques. Au début, Oliver collabore avec un détective. Mais lorsque celui-ci est tué, il se retrouve seul pour mener cette enquête diabolique. Le grand intérêt de ce télé-polar est l’interprétation de Lou Gossett Jr dans le rôle de Gideon Oliver. Avec son crâne rasé, sa forte stature et sa grande gueule, Gossett confirme qu’il est toujours le grand acteur de «Officier et gentleman» (qui lui valut l’Oscar du meilleur second Tôle), «Enemy» (il était l’incroyable créature extra-terrestre) ou encore «Aigle de fer».

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