Un père et passe

Il y a des jours où le blues fait long feu, où le percepteur s’acharne et où le chef de service a des allures de monstre malfaisant. Une seule solution pour échapper au cauchemar : un bon film, frais et amusant. C’est le cas de ce «Un père et passe» réalisé par Sébastien Grall, production qui n’est pas sans rappeler «Trois hommes et un couffin». L’histoire est simple. Camille a dix ans et est élevée par sa mère. La gamine tombe un jour sur trois lettres écrites plusieurs années auparavant par sa mère à trois hommes, trois amis… trois pères possibles. Photographe de renom, Marianne pense à l’époque qu’elle ne pourra pas sortir vivante du Liban en guerre. Elle parvient à être évacuée in extremis et les lettres ne sont jamais expédiées. Les Dans les rôles des drôles de pères, on retrouve Les années ont passe. Marianne et Camille vivent dans un charmant pavillon, en banlieue parisienne, en compagnie de Maxence, l’amant publiciste perpétuellement débordé. Au moment où Camille découvre les fameuses lettres, Marianne part pour un reportage en Afrique. Profitant de cette absence, la petite fille poste les missives. Les «papas» ne tardent pas à débarquer…

Un père et passeDans les rôles des drôles de pères, on retrouve Luc Thuillier, Christian Charmetant et… Guy Marchand. On a déjà aperçu le joli minois de Luc Thuillier dans «Hors-la-loi» de Robin Davis, «Rouge Baiser» de Véra Belmont et «Les années sandwiches» de Pierre Boutron. De son côté, Christian Charmetant a fait de très bonnes apparitions dans «La banquière» de Francis Girod, «Que les gros salaires lèvent le doigt» de Denys Granier-Deferre, «Banzaï» de Claude Zidi et, plus récemment, dans «Moitié-moitié» de Paul Boujenah. Guy Marchand, il est inutile de le présenter. Ce crooner-musicien de jazz trimballe son talent et son humour dans notre cinéma depuis 1971 et le «Boulevard du rhum» de Robert Enrico. Il compte déjà près de quarante films à son palmarès, mais l’on retiendra surtout ses prestations dans «Garde à vue» de Claude Miller, grâce auquel il a obtenu ses galons de vedette, «Coup de torchon» de Bertrand Tavernier, «Mortelle randonnée» de Claude Miller et «Conseil de famille» de Costa-Gavras. Lamant en «activité» est interprété par François Berleand, second rôle confirmé qui a participé à des films aussi prestigieux que «La balance» de Bob Swaim, «Marche à l’ombre» de Michel Blanc, «Au revoir les enfants» de Louis Malle, et le récent «Camille Claudel» de BrunoNuytten. La gente masculine ne serait pas au complet si l’on oubliait notre Schmol national, l’un des plus grands cinéphiles du cinéma US, lé grand Eddy Mitchell. Après quelques apparitions remarquées, il a vraiment opté pour une carrière cinématographique, en parallèle avec sa carrière de chanteur, en 1981 avec «Coup de torchon» (aux côtés de Guy Marchand déjà) et a enchaîné avec «Attention, une femme peut en cacher une autre» de Georges Lautner, «Ronde de nuit» de Jean-Claude Missiaen ou «A mort l’arbitre» de Jean-Pierre Mocky. Bien, passons maintenant à ce qui nous intéresse le plus : les femmes. La mère «indigne» du film, c’est Véronique Genest. Découverte dans «Guy de Maupassant», cette séduisante et parfois sulfureuse jeune femme («Nana» dans la série TV du même nem) a montré sa petite frimousse dans «La banquière» de Francis Girod, «Légitime violence» de Serge Leroy,«J’ai épousé une ombre» de Robin Davis et «Association de malfaiteurs» de Claude Zidi. Last but not least, la jeune vedette qui entraîne tout ce petit monde dans une folle histoire à rebondissements, c’est la débutante Pénélope Schellenberg (voir portrait par ailleurs). Son franc-parler, ses yeux malicieux et ses taches de rousseur ne sont pas sans rappeler la sauvageonne du «Grand chemin» de Jean-Loup Hubert. Derrière la caméra, on retrouve Sébastien Grall, qui signe là son deuxième long métrage après «La femme secrète» avec Clémentine Célarié. Assistant de nombreux réalisateurs comme Yves Boisset, Laurent Heynemann, Jean-Luc Miesch ou Andrzej Zulawski, Grall nous propose un film à mettre entre toutes les mains, à déguster sans a priori. Pour en savoir encore plus, écoutez Skyrock, qui fait la part belle à ce Coup de cœur dans ses différentes émissions. Et bon visionnage…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>